LE CONTEXTE:
Dans un Stade de France pour une fois quasiment acquis à la cause du PSG (ce qui change de la fois où lors de la confrontation OM - PSG en finale 2006, les supporters Marseillais étaient clairement en majorité), le PSG avait pour obligation, afin de sauver sa pauvre saison en Ligue 1 et de se produire en Europa Ligue, de s'imposer contre les Monégasques, et si possible sans banderoles, ni affrontement entre les supporters de Boulogne et d'Auteuil ou sans pénalty litigieux, à l'instar de celui contre Lens.
Pour Monaco, après une saison elle-aussi morose, une victoire permettait de récompenser malgré tout des bonnes prestations des joueurs Nenê et Park et du gardien Ruffier, tout en assurant à l'ex-entraineur Parisien Guy Lacombe de consolider une 3è victoire personnelle en coupe avec 3 clubs différents (Sochaux puis le PSG).
LE SCHÉMA TACTIQUE:
Le PSG, comme à son habitude, se présente avec son équipe type:
- un quatuor offensif (Hoarau et Erding en pointe épaulés par Giuly à droite et Sessegnon à gauche);
- un milieu défensif composé de Clément et Makélélé;
- une défense à 4 avec: Jallet, Sakho, Camara et Armand.
- Edel comme gardien.
La configuration est clairement en 4-2-4, même si on espère que les 2 milieux auront des velléités offensives, permettant de passer sur un schéma en 4-4-2.
Du côté de la Principauté, le schéma est plus défensif, en 4-2-3-1, Nenê étant chargé d'alimenter Park en occasions offensives.
LE DÉBUT DE MATCH
Pendant la 1ère demi-heure, les Parisiens dominent outrageusement avec pas moins de 6 occasions franches, si ce n'est quasi-décisives:
- Giuly envoie 2 missiles (4è et 15è), dont un cadré est repoussé par l'excellent Ruffier;
- Erding, quasiment seul face au gardien monégasque à trois reprises, (17è, 25è et 42è) rate le cadre à chaque fois. - - Sakho reprend de volée un corner arrêté in-extremis par Pino sur la ligne de but (14è);
- Armand voit aussi son tir repoussé par Ruffier en force (13è).
On a alors l'impression d'assister à un remake des matches du PSG contre Monaco en Ligue 1, avec une belle volonté offensive, stoppée par un manque de réalisme, notamment pour Erding qui, même s'il sera le meilleur buteur de Paris cette année, aura vendangé un nombre incroyable de buts, empêchant souvent le PSG de se mettre plus rapidement à l'abri. De plus, comme lors de la rencontre PSG-Monaco au Parc des Princes en championnat (perdue par les locaux 0-1), lorsque les attaquants de la capitale ne cadrent pas leurs occasions, c'est Ruffier qui se charge d'écarter avec brio le danger.
De son côté, Monaco est très discret et ne se manifeste que par contre-attaques, avec une seule occasion de Pino, bien stoppée par Edel, en face-à-face (43è).
LA DEUXIEME MI-TEMPS:
Même si Monaco reste sur ce même schéma attentiste, ce sont eux qui ont les meilleures occasions en début de seconde période, mais cette fois c'est Edel qui fait le spectacle et effectue son meilleur match (sauf pour les sorties aériennes où il reste d'une passivité troublante, attendant presque que l'équipe adverse lui adresse les tirs au lieu d'anticiper, pour rassurer sa défense .... et les supporters):
Edel met ainsi en échec successivement Pino (57è), Haruna (58è),Nenê (60è).
Lors de cette mi-temps, l'arbitre, jusque là plutôt correct, commet 2 grosses bévues, puisque Erding est déséquilibré illégalement (52è) dans la surface, ce qui aurait valu un pénalty et que Makélélé reçoit un coup de coude volontaire
(62è) par Nenê, ce qui aurait pu se solder par un carton rouge et non pas un carton jaune. On peut aussi s'interroger sur le rôle des arbitres de touche qui n'ont, bien évidemment, rien vu.
En fin de temps réglementaire, Erding (encore seul à la 82è) et Hoarau (tête hors-cadre à la 91è) ratent (encore!) la balle de match.
Comme en championnat, Giuly est remplacé (à la 76è au lieu de son heure de jeu habituelle) par Luyindula, alors qu'il n'as pas franchement démérité, en regard d'un Erding incapable de cadrer les cadeaux de Jallet et d'un Hoarau, aussi maladroit que son compère d'attaque.
LES PROLONGATIONS:
Si Monaco se montre menaçant à deux reprises, Edel continue à assurer.
Guy Lacombe, critiqué pour sa propension à une frilosité offensive, remet le couvert en ne faisant rentrer son jeune attaquant joker Maazou, qu'à la 86è minute.
Le jeu de Monaco, déjà peu glorieux en termes d'ambition de jeu, se résume alors à des passes au dessus des milieux Parisiens, directement adressées à Maazou, chargé de se débrouiller tout seul en attaque, comme si Monaco attendait la bévue défensive habituelle des Parisiens ou la séance des tirs aux buts, en misant sur Ruffier.
En bout de course, sur un superbe tir de Jallet, Ruffier ne peut que repousser sur Hoarau qui, tout seul, n'a qu'à poser sa tête dans un but vide (106è).
Le break est fait et Monaco ne peut que constater (à l'instar d'un Lyon, trop attentiste contre le Bayern) l'inanité d'une tactique attentiste.
LE BILAN:
Alors qu'ils auraient dû légitimement bénéficier d'un pénalty et de l'expulsion de Nenê, les Parisiens remportent logiquement cette finale, puisqu'il se sont montrés les plus offensifs (8 occasions nettes!) et que leur défense a, peut-être, effectué son meilleur match, sans aucune sottise disgracieuse.
Au rang des déceptions, on notera quand même l'inaptitude d'Erding à cadrer ses frappes alors qu'il se retrouve 4 fois seul face au gardien, sans oublier celle de Hoarau qui a de la chance d'avoir un Jallet, éblouissant en défense, mais plus encore comme pourvoyeur de centres décisifs.
Concernant Sessegnon, il n'a pas franchement brillé, se contentant de dribbles plus ou moins opportuns et d'un manque d'engagement défensif, notamment lorsqu'il perd la balle.
Pour ce qui concerne Monaco, avec leur stratégie limitée à la contre-attaque et aux balles directes des défenseurs à l'attaquant, ils peuvent s'estimer heureux de ne pas avoir pris un déluge de buts si les Parisiens avaient, ne serait-ce que réalisé la moitié des occasions créées.
ET APRES:
Le PSG sera bien en Europa League mais, devant un banc indigent (Sankharé, N'Goyi, Maurice, Arnaud, Traoré) et l'irrégularité de joueurs supposés titulaires (Sessegnon, Luyindula, Clément, Giuly, Camara et Armand), aura sérieusement intérêt à sortir sa bourse pour recruter intelligemment, à chaque ligne.
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