Avant le match, les données étaient claires.
Après une embellie estivale qui l'avait vu s'insérer dans la première moitié du classement, le PSG retournait à ses errances habituelles, en étant incapable de gagner à domicile. Comme, avant ce match (et en prévision de déplacements compliqués à Schalke 04 et à l'OM), Charles Villeneuve avait mis la pression sur l'entraineur pour gagner et avec la manière, Le Guen se retrouvait dans une situation Domenesquienne: une défaite face à un prétendant à la descente en Ligue 2 et l'ombre médiatique de Didier Deschamps aurait été encore plus présente.
Finalement, l'entraineur breton a sauvé sa peau (pour l'instant), grâce à une victoire arrachée par les cheveux (à 3 reprises, d'ailleurs).
Pourtant, tout commence mal, avec une erreur de marquage de la défense parisienne qui permet à Saifi, l'international algérien d'ouvrir le score de la tête, dès la 12è minute. On se dit alors qu'on se dirige encore vers une victoire lorientaise (la 3è de suite au Parc des Princes) et que même le match nul risque d'être compliqué.
D'autant qu'à la 16è minute, Luyindula qui, pour une fois, partait seul au but est stoppé pour un hors-jeu imaginaire.
Le PSG pousse quand même et Sessegnon, après avoir eu une occcasion de la tête, centre sur Pancrate qui, en pleine extension, assène un coup de tête imparable et égalise (23è). Vu que Pancrate n'avait pas marqué depuis 2 ans en championnat, il était temps de rétablir la balance.
On se dit alors que le PSG a toutes les chances de se refaire une santé, d'autant que Lorient joue quasiment, pendant de longues minutes, à 10 joueurs puisque Saifi, blessé à l'épaule, est soigné sur le bord de touche pendant 5 minutes et revient jouer, alors qu'il aurait dû être remplacé dès le départ. De même, le gardien Audard n'est remplacé qu'à la 47è minute, alors qu'il montrait lui-aussi des signes de blessure manifestes.
Non seulement les parisiens ne profitent même pas de l'aubaine pour pilonner le gardien, mais ils encaissent un but sur une erreur stupide de Camarra, rappelant celle de l'année dernière lorsqu'il s'était mal compris avec Landreau, qui adresse une passe molle à son gardien. Résultat, l'attaquant lorientais qui trainait par là récupère la balle et la passe à Abriel qui, respectant la tradition des anciens joueurs du PSG, se fait un plaisir de marquer un but (38è).
Là, les sifflets commencent à fuser, accompagnés par des appels à la démission pour Le Guen (tiens, encore une référence aux 2-0 de la 1ère mi-temps de la Roumanie contre la France).
Comme d'habitude, Luyindula rate une passe de Hoarau et Pancrate, estimant avoir fait le job, adresse des centres impossibles au 5è poteau, un peu à la manière de Mendy.
Au retour des vestiaires, une ENORME surprise puisque Le Guen a changé un joueur alors qu'il a plutôt tendance (comme Domenech d'ailleurs) à ne le faire qu'après la 75è minute (une fois que tout est joué pour le PSG). Comme pour Domenech, l'entraineur a dû se dire que, comme c'était sûrement son jubilé, il fallait prendre tous les risques.
Donc, Clément, qui s'épuisait au milieu et était inopérant offensivement, est remplacé par Chantôme, qui va amener un souffle non-négligeable en attaque.
En effet, à la 48è minute, Ceara, toujours meilleur en attaque que douteux en défense (à la Grosso), centre sur Hoarau qui dépose sa tête (sans même sauter) et marque (presque) sans forcer pour égaliser une 2è fois pour le PSG.
Logiquement, on se dit que le PSG va alors profiter de son avantage et assommer définitivement les bretons? Eh bien, pas franchement puisque le lorientais Morel remonte tout le terrain (en dribblant 200 à 300 joueurs passifs du PSG) et Abriel manque la balle de match en tirant sur la barre.
A son tour, Hoarau (63è), qui pour une fois n'a pas manqué de but inratable, décoche un bon tir de loin du gauche qui s'écrase sur la barre transversale: dommage!
Demi-surprise ensuite puisque Le Guen sort successivement 2 joueurs offensifs (Luyindula et Pancrate) contre 2 autres attaquants (respectivement Kezman et Arnaud) et on se dit que, devant la pression du licenciement, l'entraineur a décidé de jouer la victoire au lieu de se contenter d'un nul habituel.
A la différence de Domenech, Le Guen gagne son pari puisque Kezman passe à Rothen qui centre pour Arnaud qui n'a plus qu'à marquer... de la tête, libre de tout marquage.
En RESUME, le PSG mérite sa victoire mais aurait pu s'épargner des frayeurs, en évitant les cadeaux à l'adversaire (2 ce soir).
Selon les critères médiatiques en vigueur, ce match est supposé être un match référence puisque:
- Lorient, bête noire, est enfin battu à domicile;
- C'est la 1ère fois que le PSG marque plus de 1 but en champinnat cette année;
- Le Guen a fait un vrai coaching (pour la 1ère fois depuis ...son intronisation) et a réussi son pari;
- Rothen a tenu la baraque défensivement et a adressé une passe décisive;
POUR QUE CA DURE?
- Donner un compas à Luyindula et Ketzman;
- Ordonner à Le Guen d'effectuer systématiquement 3 changements de joueur (dont un obligatoire dès la 40è minute);
- Laisser Sessegnon en appui des attaquants;
- Interdire aux défenseurs de passer les balles en arrière;
- Rappeler à Pancrate qu'un but c'est bien, mais que ce n'est pas une raison pour rater tout après ses buts et qu'il a le droit de marquer plus qu'une fois tous les 2 ans.
[c’est top] J'adhère sur les remèdes... et sur la juste analyse du match!
Rédigé par : Ben Labarthozic | 20/10/2008 à 14:36